Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
11 : Premières semaines de vacances.
«- Bon, on s’envoie des hiboux et je
vous inviterai à passer quelques jours à la maison… ! suggéra Remus, alors
qu’ils quittaient leur compartiment.
- Pas de problèmes… ! » acquiescèrent James et Sirius.
Harry, silencieux, suivait les
Maraudeurs, perdu dans ses pensées. Il n’aurait jamais pensé que Dumbledore le
laisserait si facilement partir, pour passer les vacances chez trois des
membres du “quatuor infernal”, avec tout ce que Harry pouvait arriver à leur
dire… ! Visiblement, le vieil homme semblait avoir une totale confiance
envers les capacités de la Médaille de Gryffondor que l’adolescent portait
autour du cou, en permanence… Quoiqu’il en soit, Harry se retrouvait,
impatient, avec les Maraudeurs, quittant le Poudlard Express pour regagner la
Voie 9 ¾…
«- En tout cas, je sens qu’on va
bien s’éclater, durant ces vacances… ! commenta Sirius, avec bonne humeur.
- Eh, Peter, c’est pas ton père qui est là-bas ? intervint
soudain James, désignant une personne dans la foule.
- Où ça… ? s’étonna l’intéressé, jetant un regard alentour.
Ah oui, t’as raison… ! Bon, ben, j’dois y aller… ! ajouta-t-il, en se
tournant vers ses amis. Alors, je suppose qu’on se verra à la rentrée… ?
- Ouais… ! confirma Sirius. Passe de bonnes vacances et
éclate-toi bien en Autriche… !
- Hum…, on va essayé… ! marmonna Peter. Ben, passez de bonnes
vacances, vous aussi… ! conclut-il, avant de quitter le petit groupe.
- Il n’a pas l’air très enthousiaste à l’idée de partir en
vacances… ! commenta Harry.
- Je le comprend… ! commenta Remus. Il n’a pas une vie
familiale très facile… ! Sa mère est morte il y a dix ans et, depuis, il
vit avec son père qui est un important membre du Ministère… ! Andrew
Pettigrow est un important diplomate et il est toujours par monts et par
vaux… ! Si bien que, depuis toujours, il croit nécessaire d’emmener en
vacances son fils à chaque grandes vacances…, selon les endroits où il doit se
rendre… pour compenser un peu… ! Bon, bien sûr, depuis qu’il est à
Poudlard, la compensation est moindre vu que Peter passe dix mois sur douze à
l’école… ! Mais bon, c’est pas toujours très gai pour lui… !
- Ah… ! répliqua simplement Harry.
- Mais bon, je parie que, à son retour, Peter aura, en fait, été
très ravi de son voyage, comme tous les ans… ! intervint Sirius, alors
qu’ils franchissaient la barrière qui séparait la Voie 9 ¾ de la partie moldue
de la gare.
- Il y a des chances… ! acquiesça James, alors qu’ils se
glissaient dans la foule des passagers Moldus qui se massaient sur les quais,
tout en se dirigeant vers la sortie. Bon, Sirius, on doit attendre où ta
mère… ?
- Au même endroit que d’habitude… évidemment… ! répondit
Sirius, avant de se tourner vers Harry. On a beau le ramener chez lui tous les
ans, il ne s’y fait pas encore… ! ajouta-t-il, avec un sourire moqueur.
C’est pas un Potter pour rien… !
- Eh… ! protesta le concerné.
- Et, Remus, ta mère vient vous chercher, Harry et toi ou… ?
s’enquit Sirius, ignorant l’indignation de son meilleur ami avec un petit
sourire satisfait.
- Ma mère est chez une de ses amies, qui habite juste à
côté… ! » commenta Remus.
* * * * *
La Poudre de Cheminette… !
Franchement, Harry détestait ce moyen de déplacement… ! Pourtant, il
s’efforça à garder contenance devant Remus et sa mère (qui, d’ailleurs, l’avait
accueilli chaleureusement, lorsqu’ils étaient arrivés chez l’amie de la mère du
Maraudeur) quand celle-ci avait annoncé qu’ils rentreraient par ce
moyen... ! Enfin, pour une fois, il n’aurait pas à s’inquiéter pour ses
lunettes… c’était le seul point positif que Harry y voyait.
Appréhendant, comme toujours, les
“réceptions”, Harry se concentra particulièrement, de sorte qu’il arriva tant
bien que mal dans une cuisine de taille modeste mais immaculée, recouvert de
suie de la tête aux pieds. Mais, il fut rassuré de voir que Remus ne négociait
pas beaucoup mieux que lui les “arrivées”.
«- Ca va ? s’enquit Harry en
retenant difficilement un sourire, tout en tendant la main à son camarade pour
l’aider à se relever, après qu’il ait atterri les fesses par terre dans la
cuisine.
- Ouais, ça peut aller… ! grommela ce dernier, tout en
acceptant son aide. Je déteste utiliser la Poudre de Cheminette… !
- Et bien, crois-moi, tu n’es pas le
seul… ! répliqua Harry.
- Mais toi, au moins, tu es arrivé sur tes pieds… ! observa
Remus en s’époussetant.
- Un coup de chance… ! » certifia Harry, en faisant de
même.
Ils s’interrompirent quand Hélène
Lupin arriva à son tour dans la cuisine.
«- Bienvenu chez nous, Harry !
lança-t-elle, avant de nettoyer les deux adolescents d’un simple sort. C’est un
peu modeste mais… !
- Oh, non, c’est super… ! » répondit l’adolescent en
jetant un regard plus détaillé à la cuisine, qui lui rappelait un peu celle des
Weasley.
Harry sentit son cœur se serrer en
pensant à la famille de son ami mais se hâta de chasser ses sombres pensées.
«- En tout cas, merci beaucoup de
bien vouloir m’accueillir chez vous pour quelques temps, Mrs Lupin… !
- Oh, mais de rien… ! répondit Hélène en souriant, tout en
rendant leur taille normale aux affaires des deux adolescents (pour faciliter
les choses, ils avaient soumis leurs bagages à un sortilèges de réduction).
C’est toujours un plaisir que d’héberger les amis de mon Rémi… !
- M’man… ! » protesta ce dernier en grimaçant.
Harry ne put s’empêcher de sourire.
«- Bon, c’est pas tout ça mais vous feriez
bien de monter vos affaires à l’étage… ! proposa finalement Mrs Lupin.
- Pas de problème… ! Tu viens, Harry ? lança Remus, en
prenant sa valise, tandis que Harry faisait de même (ce qui se résumait à pas
grand chose car, à part sa cape d’invisibilité (soigneusement cachée des
Maraudeurs) et ce que lui avait fourni Dumbledore, il n’avait pas beaucoup de
choses à se trimballer…).
- J’arrive… ! »
répondit l’adolescent, avant de suivre le Maraudeur dans un couloir puis dans
un escalier qui menait à l’étage. Ils ne s’arrêtèrent qu’une fois devant une
des trois portes qui s’y trouvait. Là, il se tourna vers Harry.
- Quand j’invite mes amis à la maison, on dort tous dans ma
chambre… ! Ca ne te dérange pas, au moins ?
- Bien sûr que non ! » assura Harry en souriant.
Remus ouvrit alors la porte et
s’engouffra dans la pièce (qui se révéla être deux fois plus grande que la
“chambre” que Harry avait à Privet Drive), suivit de Harry. Tous deux
déposèrent leurs affaires dans un coin de la chambre, près du bureau et Harry
nota que tout y était aussi bien ordonné qu’il se l’était imaginé, venant du
jeune loup-garou.
«- C’est pas un palace mais
bon… ! commenta Remus, en se laissant choir sur son lit.
- C’est très bien tu veux dire… ! » rétorqua Harry en
souriant, jetant un regard autour de lui.
Remus esquissa un léger signe de
tête.
«- Bon, je te laisse
t’installer ! Il faut que j’aille voir un truc avec ma mère et je
reviens…, d’accord ?
- Pas de problème ! » assura Harry, tout en songeant qu’il
devait lui faire sacrément confiance pour le laisser aussi facilement seul dans
sa chambre.
Remus partit et Harry en profita
pour observer plus en détail la pièce. Les murs de la chambre étaient nus,
excepté la partie du mur qui se trouvait près du bureau, où tout était
parfaitement rangé, qui était recouvert de photos en tout genre, la plupart
d’entre elle (constata-t-il) représentant les Maraudeurs. S’étant rapproché,
Harry sourit en découvrant, sur l’une d’elle, un gros chien noir dans l’attitude
du chien voulant jouer (le derrière en l’air, la queue battant l’air avec
enthousiasme et l’air prêt à bondir) face à une représentation, un peu plus
jeune de James (Harry lui donna quinze ans), alors que Remus assis dans
l’herbe, près de ce qui semblait être le lac de Poudlard, semblait bien rire du
manège de ses deux amis. Sur une autre, Harry vit Sirius et James (la photo
semblait avoir été prise en seconde année), tous deux portant les robes rouges
de l’équipe de Gryffondor, leur balai à la main, aussi fiers l’un que l’autre
et qui faisaient de grands signes de la main.
Il ne faisait aucun doute que Remus
faisait tout pour avoir le plus de souvenirs possibles de ses amis…, au cas où
ils l’auraient laissés tomber en découvrant sa lycanthropie, ce qui d’ailleurs
n’était et n’arriverai jamais… Harry songea que, en fait, cette découverte
n’avait fait que rendre le groupe encore plus solidaire… Jetant un regard aux
divers photos, la plupart prises visiblement durant leur seconde année, Harry
constata que Pettigrow n’y apparaissait que très peu, comme un premier signe de
ce qui arriverait quelques années plus tard… !
L’adolescent grimaça à cette pensée
et se laissa choir sur le matelas que, visiblement, la mère de Remus avait
préparé à son attention. Remus réapparut peu après, un large sourire aux
lèvres.
«- Bon, on va pouvoir écrire à
Sirius et James… ! annonça-t-il, gaiement.
- Je sais pas pourquoi, mais je dirai que tu es allé demander à ta
mère si tu pouvais les inviter… ? commenta Harry, en souriant.
- En fait, je lui en avais déjà parlé, mais je voulais juste fixer
une date pour leur séjour ici… !
- Ah, et c’est quand… ? s’enquit Harry, curieux.
- Du dix-sept au vingt-et-un juillet… ! Autrement dit juste
avant ton départ, comme ça, tu partiras directement avec Sirius… ! Mais je
leur écrirai ce soir vu que, visiblement, Solstice n’est pas encore
rentré… ! »
Solstice était le hibou moyen-duc
des Lupin, comme l’avait découvert Harry, durant les quelques semaines qui
avaient précédées la fin de l’année.
* * * * *
Dix-sept jours s’étaient écoulés.
Harry avait à présent prit ses marques chez les Lupin. Lorsqu’il se réveilla,
il n’eut aucun mal à savoir que son “camarade” était déjà réveillé.
« Alors, la marmotte, on se
réveille ? » se moqua ce dernier en souriant, assis sur son lit.
Harry grimaça, répondit par un vague
“bonjour” et s’étira paresseusement.
«- Et ben, décidément, t’es pire que
James et Sirius au réveil… ! En vacances, eux, ils sont toujours les
premiers levés… !
- Même plus tôt que toi ? demanda Harry, l’esprit encore
embrumé par une nuit un peu trop courte à son goût.
- Non… ! Quand même pas… ! répondit Remus. C’est très
rare qu’ils se lèvent avant moi… ! »
Harry lui adressa machinalement un
regard en coin. Les rares jours où les autres Maraudeurs devaient se lever
avant Remus devaient être les deux jours qui suivaient la pleine lune, jours
durant lesquels il devait se remettre de la nuit blanche qu’il passait en tant
que loup-garou…
Il ne put s’empêcher de penser au
fait que la dernière pleine lune avait eu lieu un peu moins de trois semaines
plus tôt, soit trois jours avant le début des vacances d’été. Ce soir-là,
Harry, qui se doutait que les trois Maraudeurs Animagus sortiraient en douce,
avait fait semblant de dormir et n’avait donc rien raté du départ “en douce” de
James, Sirius et Peter, alors qu’ils partaient rejoindre leur ami qui s’était
absenté dans la journée, prétextant une excuse quelconque… Par contre, Harry
s’était vraiment endormi, dans les environs de deux heures du matin, si bien
qu’il ne les avait pas entendu rentrer… ! Bien sûr, le réveil avait été
plus que laborieux, pour tout le monde… Inévitablement durant les cours qui
avaient suivis, les trois Maraudeurs (Harry supposant que Remus devait être à
l’infirmerie) s’étaient attirés les foudres de Lily (pour changer un peu) car
leur “manque d’inattention” en cours (Harry ne comptait plus le nombre de fois
où il avait dû réveiller, discrètement, l’un ou l’autre du trio) n’avait, bien
sûr, guère échappé aux professeurs (Chose que Harry n’aurait jamais crû
possible, James avait même trouvé le moyen de s’endormir durant le cours de
Potions…). Et, bien sûr, Lily s’était défoulée sur lui pour avoir fait perdre
ainsi vingt points à Gryffondor (ce qui n’était pas grand chose sur les
soixante-dix points qui avait été enlevés à leur maison à cause de leur
somnolence durant les cours).
Harry revint à la réalité lorsqu’une
main passa à quelques centimètres de son visage.
«- Eh, oh, Harry…! Y a quelqu’un… ?
- Hein ? Quoi ? Tu disais quelque chose, Remus ?
- Ben, je voulais m’assurer que ça allait bien… ! Tu avais
l’air d’être plongé dans de très profondes réflexions… ! commenta le
Maraudeur.
- Oh, je rêvassais… !
- Hum… ! Bon, vu que t’es réveillé, si on descendait pour
prendre le petit-déjeuner… ?
- Mouais… ! marmonna Harry, l’air guère inspiré.
- Whoa, quel enthousiasme… ! se moqua Remus. Bon, tu comptes
rester là toute la journée, alors que James et Sirius doivent arriver d’ici un
peu plus d’une heure… ? »
Cette fois, Harry se gifla
mentalement… Il avait complètement oublié que ses futurs père et parrain
devaient venir aujourd’hui… ! Depuis son arrivée chez les Lupin, il
n’avait pas vu le temps passer, les Lupin ayant tout fait pour ne pas lui
laisser le temps de s’ennuyer, de sorte qu’il n’arrivait pas à croire que
c’était déjà le dix-sept juillet… Il se leva précipitamment, ce qui amusa
quelque peu Remus.
A son arrivée en 1976, Harry avait été
plus que surpris par la personnalité de Remus… ! Harry se l’était imaginé
plutôt calme et réservé et du genre discret et peu loquace, passant sûrement du
temps le nez dans les bouquins, ou un truc du genre… ! Mais, il se
révélait être beaucoup plus exubérant que Harry le pensait… ! D’accord,
c’était vrai qu’il avait une grande culture littéraire et qu’il était tout de
même beaucoup plus posé que James ou surtout Sirius et que c’était lui qui
calmait un peu le jeu et empêchait les blagues des Maraudeurs de trop
dégénérer… ! Mais d’un autre côté, il était tout aussi “bon-vivant” que
ses deux amis… ! Dynamique, plus qu’imaginatif, toujours partant à aider
ses amis, plein de vie, il prenait une part active dans les réalisations des
Maraudeurs… et était bien différent du Remus Lupin que Harry avait connu à son
époque… ! D’humeur égale et compréhensif, il était aussi le plus
raisonnable et était, quand même, le plus discret des trois, et cela malgré (ou
plutôt à cause) de sa lycanthropie qui l’avait condamné à être rejeté par les
autres…, du moins, jusqu’à sa rencontre avec les Maraudeurs… !
Quoiqu’il en soit, Harry quitta son
lit lestement, le refit d’un sort (qu’il avait découvert grâce à Remus) lancé
nonchalamment puis gagna la salle de bain pour faire un brin de toilette et
s’habiller, avant de revenir dans la chambre où Remus l’attendait,
tranquillement assis sur son lit.
«- Ah, enfin prêt à ce que je
vois… ! lança le Maraudeur en souriant et en se levant.
- Désolé de t’avoir fait attendre… ! s’excusa Harry.
- Oh, tu n’as pas à t’excuser… ! répondit, simplement, Remus.
Ca ne fait rien, tu sais… ! »
Sur ce, tous deux gagnèrent la
cuisine, où Hélène Lupin se trouvait déjà.
Plus le temps passait, plus il
découvrait que la situation familiale des Maraudeurs (du moins, pour l’instant,
de Peter et Remus) était loin d’être facile… ! D’après ce que Remus lui
avait dit à King’s Cross, il savait que Peter vivait avec son père (qui se
montrait un peu trop obligé de l’entraîner par monts et par vaux) depuis la
mort de sa mère, tandis que pour Remus, c’était exactement l’inverse… D’après
ce qu’il en avait compris, Thomas Lupin, le père de Remus, avait été tué sept
ans plus tôt, ne laissant à sa femme et à son fils que de quoi leur assurer un
niveau de vie convenable mais loin d’être faramineux…, bien que la mère de
Remus (d’après ce qu’il lui en avait dit) travaillait au Ministère, mais
s’arrangeait pour prendre ses congés pendant l’été ! Mais, surtout, Harry
s’était rendu compte que la famille Lupin portait un lourd secret dont ils
préféraient, visiblement, ne pas parler… !
Mais Harry ne s’en préoccupait guère
car, après tout ce n’était pas ses affaires… !
«- Bonjour Mrs Lupin… ! lança
poliment Harry.
- Tu sais, Harry, tu peux m’appeler par mon prénom… !
rétorqua-t-elle, en souriant. Alors, bien dormi… ?
- Oui, très bien… ! » assura Harry, alors que Remus se
contentait d’un bref signe de tête positif.
Comme d’habitude, Hélène leur avait
préparée un petit-déjeuner assez copieux et Harry ne put s’empêcher de songer,
une fois de plus, que l’un des points positifs que lui offraient ce “voyage”
spatio-temporel était que, au moins, contrairement à chez les Dursley, il
pouvait manger à sa faim.
Sitôt le repas terminé, Mrs Lupin
débarrassa la table d’un geste de baguette et remit rapidement de l’ordre dans
la cuisine.
«- Ils viennent par Poudre de
Cheminette, je suppose ? lança-t-elle à l’adresse de son fils, au bout
d’un moment.
- Oui… ! assura ce dernier. Et ils partent tous les deux de
chez Sirius… !
- Peter ne vient pas ? s’étonna Hélène.
- M’man, tu sais très bien que son père l’emmène toujours passer
ses vacances dans d’autres pays… ! rétorqua Remus. Je te l’ai déjà
dit… ! »
Mais il s’interrompit quand Sirius
déboula dans la cuisine, dans un équilibre instable, rapidement suivi par James
qui s’écrasa contre lui et tous deux se retrouvèrent au sol, sous les rires des
deux autres.
«- Eh, tu pouvais pas faire
attention… ! s’égosilla Sirius, en se démenant sous son ami.
- T’avais qu’à pas traîner devant la cheminée, aussi… !
rétorqua ce dernier, l’air visiblement amusé, à qui Remus (qui riait toujours)
avait proposé son aide pour se relever.
- Ouais, rigolez bien… ! grogna Sirius que Harry, hilare,
aidait à se relever. En tout cas, Jamsie, c’est la dernière fois que je passe
devant toi quand on utilise la Poudre de Cheminette… ! ajouta-t-il en
adressant un regard assez significatif à son meilleur ami qui sortait,
distraitement, ses lunettes de sa poche avant de les remettre sur son nez.
- Eh bien, quelle entrée… ! commenta Harry, souriant
toujours.
- J’aimerais t’y voir… ! rétorqua simplement Sirius. Au fait,
salut les gars ! Et bonjour Hélène… ! lança-t-il, tandis que cette
dernière se hâtait de débarrasser les deux nouveaux arrivants de la suie qui
les recouvrait, alors que James saluait à son tour les Lupin et leur invité.
- En tout cas, Sirius, t’aurais du voir ta tête, tout à
l’heure… ! commenta Remus, goguenard. Enfin même, votre tête, parce que
celle de James valait aussi le coup d’œil… !
- N’empêche, c’est là qu’il aurait fallut avoir un appareil
photo… ! acquiesça Hélène, l’air également amusée par l’arrivée
fracassante des deux Maraudeurs qui semblaient avoir pris le parti de prendre
ce petit incident avec humour. Bon, et si vous montiez vos affaires dans la
chambre de Remus… ? » suggéra-t-elle, désignant les sacs que tous
deux avaient sur le dos.
Les adolescents ayant accepté la
proposition, tous les quatre gagnèrent le premier étage et rejoignirent la
chambre de Remus où sa mère avait ajouté entre temps, magiquement, deux matelas
pour les deux nouveaux venus.
Depuis son arrivée chez les Lupin, Harry avait une idée qui lui
trottait dans la tête… Les Maraudeurs étaient déjà devenus des Animagi, d’après
les photos, alors, tant qu’à être coincé ici, autant voir jusqu’à quel point
ils lui faisaient confiance. Tandis que les deux nouveaux venus prenaient leur
aise dans la pièce, Harry fit mine de s’intéresser aux photos.
« Eh, vous ne m’aviez pas dit
qu’il y avait des chiens à Poudlard… ! » lâcha-t-il distraitement, en
désignant, mine de rien, la fameuse photo où Patmol jouait avec James, sous le
regard de Remus.
La réaction ne se fit pas
attendre. Ne voyant pas trop de quoi il voulait parler, les trois Maraudeurs
le rejoignirent. Harry, leur jetant un discret coup d’œil, ne manqua pas le
léger palissement de Remus, ni la petite lueur qui était passée dans les yeux
sombres de James. En fait, seul Sirius était, en apparence, resté impassible,
bien que les deux autres se soient très vite repris.
«- Ben, si, il y a Canine… !
commenta, sur un ton qui se voulait le plus léger possible, Sirius.
- Le chien de Hagrid… ? » répliqua Harry, adoptant un
air dégagé.
En effet, depuis son arrivé dans le
Poudlard de 1976, Harry avait eu l’occasion, à mainte reprise, de voir le Garde
de Chasse de l’école, accompagné d’un gros chien gris qui n’avait pas l’air
tout jeune.
«- Euh oui… !
- Mais qui c’est celui-là ? insista Harry. Parce que lui, ce
n’est pas le chien de Hagrid… !
- En effet… ! répondit James. Lui c’est… Patmol… ! Un
chien qui… vient à l’occasion… ! »
Harry lui adressa un regard en coin.
James s’en tirait bien, il contournait la vérité, sans totalement mentir… Après
tout, le chien se surnommait bien Patmol et Sirius prenait cette forme à
l’occasion…des pleines lunes, ou d’autres fois comme pour cette photo… !
Harry acquiesça d’un signe de tête, faisant mine d’être convaincu, ne tenant
pas à pousser le bouchon trop loin pour une première tentative, ne tenant pas à
éveiller la méfiance des Maraudeurs.
Il y eu un moment de silence, puis
les Maraudeurs repartirent à leurs activités.
«- Au fait, j’y pense ! lança
soudain James, assis négligemment sur un coin du bureau de Remus. Ma mère s’est
procurée des billets pour le match de Quidditch du vingt-quatre août… !
- C’est vrai ? s’exclama Sirius, avec intérêt. Dans les
tribunes officielles ?
- Ouais… ! répondit, fièrement, James. Pour une des plus
grandes rencontres des cinquante dernières années… ! Grande-Bretagne
contre Etats-Unis… ! Le dernier match éliminatoire en vue de la Coupe du
monde de 1978… !
- Franchement, ta mère est trop géniale, Jamsie… ! lança,
Sirius.
- Mais je m’arrangerai pour que vous soyez chez moi ce… !
- Moi, je pourrai pas venir… ! commenta, calmement, Remus.
Je… On dois aller voir… une de mes tantes ce jour-là… ! »
Harry lui jeta un regard en biais.
Visiblement, son futur professeur de Défense Contre les Forces du Mal n’était
pas très doué pour les mensonges… ! Harry se doutait que, tout simplement,
le vingt-quatre août serait un soir de pleine lune… !
«- Ah, c’est pas de bol… !
répliqua Sirius, avec un air vraiment apitoyé.
- Mais il ne faut pas que ça vous empêche d’y aller… ! reprit
Remus. Et puis, après tout, j’aime pas spécialement le Quidditch,
alors… ! »
Il y eut un bref moment de silence,
puis James se hâta de changer de sujet.
«- Alors, dites-nous, qu’est-ce que
vous avez faits de vos vacances ? lança-t-il, en se tournant vers Remus et
Harry.
- Ben, ma mère n’a pas arrêtée de nous trimbaler d’un bout à
l’autre de la Grande-Bretagne et ses environs car, quand elle a su que Harry
venait d’Australie, elle a aussi décidée de “développer sa culture personnelle”
en lui faisant visiter les “hauts-lieux culturels et représentatifs de la
Grande-Bretagne”… ! expliqua Remus, en levant les yeux au ciel et en
imitant les propos de sa mère.
- On s’est fait le Big Ben, Buckingham Palace, les alignements de
Stonehenge, le Loch Ness, le musée Dublinia et la tour St Mickael, en Irlande…
commença à énumérer Harry. Divers musées et, ah oui, bien sûr, le Chemin de
Traverse… ! On a pas arrêté… !
- Ah ! Il y a, quand même, le Chemin de Traverse… !
plaisanta James. Et tu as trouvé comment ?
- J’ai bien aimé ! Même si ça ne change pas trop de chez
moi… !
- Hum… ! Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
- Visiter un musée ? répliqua malicieusement Remus.
- AH NON… ! répliquèrent, en chœur, les deux autres
Maraudeurs.
- On est pas en vacances pour se faire des musées… ! insista
Sirius.
- De toute façon, j’crois que Harry et moi avons eu notre dose de
musées pour l’année à venir… ! Non ? demanda-t-il en se tournant
vers l’intéressé.
- En effet… ! acquiesça-t-il. D’ailleurs, ta mère est très gentille
d’avoir pris de son temps pour me faire découvrir la Grande-Bretagne et ses
environs mais, je crois que j’en ai assez vu pour les semaines à venir… !
- En tout cas, Harry, une chose est sûr, c’est que, avec nous, tu
entendras surtout parler de Quidditch… ! Mais jamais de musées… !
commenta Sirius, l’air grave… ! »
Sur ce, ils se lancèrent dans une
discussion passionnée sur le Quidditch, à la grande malchance de Remus qui se
retrouva bien vite largué mais qui se contenta d’observer ses deux amis
Maraudeurs et Harry. Finalement, même Sirius, au grand étonnement de Remus, dut
bien vite déclarer forfait face à la connaissance, visiblement plus que large,
des deux autres.
«- Bon… ! J’crois qu’ils sont
partis pour un moment… ! grommela Sirius.
- Pourquoi ? Il y a encore d’autres trucs à dire… ?
s’étonna Remus. Ca fait pourtant une demi-heure que… !
- Tu sais très bien que, quand on commence à discuter de
Quidditch, Cornedrue pourrait en parler pendant des heures, sans se
lasser… ! marmonna Sirius. Alors j’te fais pas dire, maintenant qu’il a
trouvé quelqu’un qui semble tout aussi passionné…, si ce n’est plus… ! Tu
te rappelles, en première année, quand McGonagall a voulu nous faire faire des
exposés sur ce que nous aimions, afin de mieux nous connaître… ?
- Alors ça, j’suis pas prêt de l’oublier… ! commenta Remus en
souriant à ce souvenir. Tout le monde était en train de s’endormir… ! Même
McGonagall… ! D’ailleurs, elle n’a plus jamais renouvelé l’expérience… !
En plus, comme par hasard, James ayant été le premier à être désigné pour le
faire, on avait tous été dispensés de présenter le notre… !
- Moi, ce qui m’avait le plus marqué, c’était la tête
d’Evans… ! ricana Sirius. Elle était tellement furax que les exposés
soient annulés qu’elle avait giflée James… ! La première d’une très longue
série… ! » ajouta-t-il en riant franchement.
Et c’est ainsi que se commença le séjour des deux autres
Maraudeurs, en compagnie de Harry et Remus, dans la joie et la bonne humeur, et
l’insouciance la plus totale. C’était les souvenirs comme celui-ci que Harry
tenait à conserver dans ses souvenirs… ! Des Maraudeurs pleins de vie et
bons vivants, heureux d’être ensembles… ! Et, heureusement la plus grosse
“tâche” dans sa venue ici, autrement dit Peter, n’était pas là pour gâcher ces
vacances que Harry espérait être mémorables… ! En cet instant, il espérait
de tout cœur que Dumbledore ne trouve pas de sitôt un moyen de le ramener chez
lui.
Chapitre
précédent Chapitre suivant
Aller au Chapitre : 01, 02, 03, 04, 05, 06, 07, 08, 09,
10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19,